Homophobie/lesbophobie,  Transphobie

Pourquoi les Marches des fiertés sont si importantes, encore en 2019 ?

Le mois de juin, mois symbolique des fiertés LGBTQ+ *, approche. Dans une société loin d’être tolérante et égalitaire, il est toujours aussi essentiel de marcher.
Marcher dans une ambiance festive mais aussi politique, pour faire progresser les combats, la société, pour être fier.ère, pour montrer aux LGBTQ+ isolé.e.s qu’ils/elles ne sont pas seul.e.s.

Une société violente

Nous commémorons en 2019 les 50 ans des émeutes de Stonewall aux États-Unis et fêtons la sixième année de la promulgation de la loi sur le mariage des couples de personnes de même sexe en France, en mai 2013.
Pourtant les violences, discriminations et exclusions sont toujours en hausse.
-Trop souvent, les LGBTQ+phobies de certain.e.s professionnel.le.s de santé font que les LGBTQ+ vont moins consulter.
-Le dépôt de plainte pour LGBTQ+phobies peut être moqué, pas pris au sérieux, voire carrément non enregistré.
-À tout cela s’ajoute la violence sur les réseaux sociaux, où les gens agissent en toute impunité et se sentent à l’abri derrière leur écran.
Et caetera…

Le terrible rapport d’SOS homophobie sorti en mai 2019 montre que les agressions homophobes sont en hausse, qu’un acte de lesbophobie par jour a été signalé et que ce sont les agressions physiques qui ont connu la plus forte hausse (+66%).

« En 2018, SOS homophobie a recueilli 1 905 témoignages d’actes LGBTphobes (insultes, rejet, agressions, discriminations…), soit une augmentation de 15 % par rapport à 2017. C’est la troisième année consécutive d’augmentation des signalements que notre association enregistre. »

Il est inacceptable que des couples gay, bi, trans ne puissent pas se tenir la main ou s’embrasser dans l’espace public…

Face à SOS homophobie, aux associations et aux militant.e.s, La Manif pour tous. Toujours bel et bien active.
Elle refuse «[…] la loi Taubira autorisant le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe et ses conséquences directes : PMA pour les couples de femmes, GPA – Gestation Pour Autrui – c’est à dire le recours aux mères porteuses. » Et réclame son abrogation.
Elle s’oppose également à « l’enseignement de l’idéologie ou concept de genre à l’école » tout en condamnant – paradoxalement – « toute forme d’homophobie, c’est-à-dire tout manque de respect à l’égard d’une personne au motif de son orientation sexuelle. »

Comble de la perfidie, elle n’hésite pas à se donner bonne conscience [voir la Charte des actions de La Manif pour tous] en clamant haut et fort que « Les actions LMPT sont conduites dans le respect de la vie privée de toutes personnes. Par ailleurs, ces actions ne doivent en aucun cas constituer des provocations : LMPT respecte l’histoire personnelle de chacun. » ou encore que « Les actions de La Manif Pour Tous ne peuvent gêner ou bloquer le peuple Français. »

Des combats à mener

En plus de se battre contre cet oppresseur-là et contre les actes LGBTQ+phobiques en général, certain.e.s LBGTQ+ luttent pour l’accès à l’adoption (qui relève souvent du parcours du combattant) et à la PMA pour les célibataires, les couples de femmes, et les personnes trans et intersexes.

« Depuis 2013, avec la loi sur le mariage pour tou·te·s, les familles LGBTparentales peuvent établir leur filiation en passant par la procédure d’adoption d’enfant du conjoint, réservée aux couples mariés. Mais cette procédure inadaptée, longue et humiliante laisse les enfants et leurs parents dans l’insécurité juridique pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, certains tribunaux refusant systématiquement les demandes et obligeant les familles à se pourvoir en appel. Et tant que l’adoption n’est pas prononcée, le deuxième parent n’a pas l’autorité parentale : impossible par exemple d’accompagner son enfant malade à l’hôpital ! Pire encore, si le couple se sépare ou si un accident survient, l’enfant risque de se retrouver privé d’un de ses parents. » https://www.gaypride.fr/filiation-pma-marre-des-lois-a-minima/

À lire également, cet article très intéressant d’octobre 2018 qui fait le point sur le statut des parents dans un couple de même sexe « Homoparentalité : adoption, PMA, GPA… Ce que dit la loi »

La promesse de campagne d’Emmanuel Macron d’ouvrir la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules est sans cesse repoussée. Beaucoup de femmes sont obligées de se rendre dans des pays l’autorisant (Belgique, Espagne), ce qui engendre des frais astronomiques. À ce jour la PMA n’est autorisée qu’aux couples hétérosexuels infertiles.

A écouter : ce podcast sur le parcours PMA de deux femmes


La PMA en Europe (source mise à jour le 25.09.2018)

Alors plus que jamais, il faut se réunir pour se remonter le moral face à toutes ces violences, célébrer l’amour, les différences, la visibilité, mais aussi le droit de passer inaperçu dans l’espace public. Au delà de l’individuel, exiger des décisions politiques telles que l’accès à la PMA sans conditions ni restrictions.

Comme je ne peux pas parler de tout, vous trouverez d’autres revendications ici.

En attendant, il faut continuer à développer l’éducation à la sexualité et à l’égalité en milieu scolaire, pour une société plus respectueuse et inclusive. Et se réjouir des victoires :
+ la légalisation du mariage homosexuel à Taïwan (le premier pays d’Asie à le reconnaître)
+ la condamnation de l’agresseur de Julia Boyer, femme trans, à 6 mois de prison ferme pour violence commise en raison de l’identité de genre.
+ Bilal Hassani, chanteur queer, à l’Eurovision
+ l’entrée du mot transphobie dans le dictionnaire

Les marches, les journées

Cette année particulière marque les 50 ans des émeutes de Stonewall, en juin 1969.
Le 27 juin 1969 une descente de police est menée au Stonewall Inn, un bar LGBT new-yorkais situé sur Christopher Street. La foule est révoltée par ces descentes récurrentes et cette fois-ci, c’est la goutte d’eau. Des jours de manifestations et d’émeutes suivront. En juin 1970, la “Christopher Street Liberation Parade” commémore la nuit violente de l’année précédente et devient la première marche organisée pour lutter contre l’homophobie.

En lien avec cet anniversaire, le mot d’ordre de la Marche des fiertés de Lille sera cette année « 50 ans de luttes après les émeutes de Stonewall, la violence n’est pas morte, révoltons-nous ! »h

Pourquoi tu marches ?

Les marches à venir en France :
Nancy : 1er juin
Lille : 1er juin
Toulouse : 8 juin
Lyon : 15 juin
Strasbourg : 15 juin
Bordeaux : 16 juin
Paris : 29 juin
Marseille : 6 juillet
D’autres villes sur https://www.gaypride.fr/gaypride-2019/

Quelques journées :
Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie : 17 mai
Mois des fiertés : juin
Journée de la bisexualité : 23 septembre
Coming Out Day : 11 octobre
Journée du souvenir trans : 20 novembre

Refusons que les droits acquis soient remis en cause ou supprimés !

* LGBTQ+ = Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer + tous et toutes les autres (le + permet englober toutes les autres réalités)

Fille curieuse, émotive, qui a constamment envie de découvrir et d’apprendre. Mes favoris internet ne forment qu’une liste interminable, sans rapport les uns avec les autres (si un peu quand même). Traductrice de l’anglais au français qui vit et respire littérature, en quête d’un contrat de traduction avec une maison d’édition. Je m’intéresse (liste non exhaustive) à l’écologie (végétarisme, relation des humains à la nature, consommation raisonnable, malbouffe, « zéro déchet »), au féminisme, aux injonctions sociales pesant sur tous et toutes, à l’affirmation de l’identité (égalité, respect et acceptation du corps, droits des LGBT, rejet du racisme, du sexisme et des phobies : LGBTphobie, grossophobie, glottophobie etc). Grande amatrice d’ironie et d’absurde (Monty Mython, Les Aventures d’Alice au pays des merveilles etc), passionnée par la diversité des accents anglophones et, de façon générale, par la manière dont les gens parlent.

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