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Quand les musiques nous parlent

Je pense que les musiques et l’art en général jouent un rôle important lorsque nous souffrons de troubles psy. Certaines musiques, notamment, parlent explicitement (ou plus implicitement) de troubles psy et parfois se reconnaître dans cet art, dans les paroles de personnes connues ou qu’on admire et se dire qu’elles aussi ont vécu ou vivent les mêmes problèmes est parfois apaisant, comme une sensation de se sentir moins seul.e.
J’ai sélectionné quelques musiques sympas qui font écho directement au trouble de la personnalité borderline dont je souffre. J’aurais pu rajouter plein d’autres musiques sur les autres troubles et faire un article plus complet mais je pense qu’on aurait jamais fini de faire le tour alors je me suis limitée à : musiques que j’aime sur le trouble borderline et ses symptômes. Enjoy !

Icon for Hire – Under the Knife

TW automutilation

You pull yourself together with all the strength you had
You were finally fed up, up, up
Finally had to scream enough-nough-nough


Oh there you were, heart made of glass
Fragile little thing, shattered too fast
Tried to pick the pieces up up up
And that’s the way you first got cut cut cut


And you know what else I can’t do is give you ten good reasons not to
I’ve racked my brain for clever sayings of all the things you ought to do
But you know, I think if there was something I could say
They’d have thrown it on a brochure- and sent you on your way
So I’ll keep doing what I always do: drag my heart to the piano and make it sing for you

Traduction en cliquant ici pour ceux qui ont du mal avec l’Anglais

Je dois avouer que parfois leurs chansons peuvent prêter à confusion car nous avons une personne touchée par les troubles psy mais qui semble dans certaines de ses paroles dire qu’il suffit de se bouger les fesses pour aller mieux. Or, on sait tou.te.s que ce n’est pas le cas. Néanmoins, je décide de partager celle-ci qui me semble assez réaliste sur l’automutilation et j’apprécie toujours autant écouter leurs chansons malgré tout car elles parlent très souvent de santé mentale de façon explicite.

Ici, on a une chanson qui ne mâche pas ses mots sur l’automutilation et au lieu de faire des métaphores, elle dit le mot “automutilation”, chose assez peu courante (comme si c’était un gros mot).
Dans cette chanson elle montre que l’automutilation est devenue trop courante et que personne ne cherche à comprendre réellement pourquoi. Elle exprime également les raisons ou les émotions qui deviennent trop encombrantes et qui nous poussent à nous faire du mal.
J’ai aussi particulièrement aimé le fait qu’à la fin elle dit qu’elle ne peut pas donner de raisons de ne pas le faire, qu’elle ne peut pas nous soigner mais qu’elle essaye de nous en parler et nous apporter une solution à sa façon : en chantant pour nous. Mais surtout que peu importe la raison pourquoi on se fait du mal, cela n’effacera jamais les souffrances.
Une chanson rythmée avec des paroles qui touchent un bon nombre d’entre nous que j’adore écouter.

Bmike – Anxiety

TW automutilation, drogues, suicide


But tell me what I did to deserve this pain
Tell me what I did to deserve this hurt


These days I just don’t feel shit
I don’t feel a thing at all
I don’t feel like I exist
That’s why I need my fix
So I can just feel something
How do you describe the word empty


The sleeping pills don’t work
The healing pills don’t work
I still feel pain with pain pills
And now those same pills don’t work
If I don’t get a couple perks
I’m about to go berzerk


I feel it’s runnin’ through my veins
I’m afraid I might get the blade
And make a slit and let the blood spill out
Anxiety

Je n’ai malheureusement pas trouvé de traduction pour celle-ci.

C’est, je pense, une des chansons les plus parlantes sur l’anxiété ou le mal-être général mais surtout, elle est pour moi très représentative du trouble de la personnalité borderline.
Ici, nous avons une personne en pleine thérapie qui s’exprime. Elle ne comprend pas ce qu’elle a fait pour mériter de telles souffrances, elle est une personne “normale” et pourtant elle ne fait que perdre contre ses “démons”.
Elle est en pleine période où elle ne sent plus rien et ce vide la fait énormément souffrir et la pousse à trouver des solutions pour ressentir quelque chose : drogue, médicaments…
Ce qui est intéressant est que l’anxiété, le vide et l’abus de substances sont deux symptômes très présents du trouble borderline et lorsqu’il ajoute que tout le monde le quitte (peur de l’abandon), j’ai vraiment l’impression qu’on parle de ce trouble plutôt qu’un trouble anxieux. S’additionne à cela le fait qu’il exprime le fait de vouloir se suicider pour mettre fin à cela.
Je trouve cette chanson assez dure à écouter mais elle reste très belle et surtout très réelle. Comme dans Under The Knife d’Icon for Hire, Bmike sait nommer les choses sans faire de métaphores et on se projette directement dans sa chanson et d’autant plus quand elle nous parle.

Halsey – Gasoline


Are you insane like me?
Been in pain like me?


Are you deranged like me?
Are you strange like me?


I think there’s a flaw in my code
These voices won’t leave me alone
Well my heart is gold and my hands are cold

Traduction en cliquant ici

Halsey est bipolaire et semble décrire son expérience en tant que personne atteinte de bipolarité. Néanmoins, les personnes borderlines n’auront aucun mal à s’y retrouver selon moi.

Dans cette chanson elle montre les choses incohérentes qu’elle peut faire à cause de ses humeurs, le gâchis qu’elle peut faire et le jugement que peuvent apporter les gens. J’ai l’impression aussi que quand elle dit que les gens chuchotent à son propos cela peut être interprété de deux manières : les ragots des gens ou bien une forme de paranoïa qui peut être parfois présente surtout quand on a une estime de soi assez faible.
Elle parle également de voix. Les hallucinations auditives ne sont pas extrêmement rares dans les troubles psy (tout dépend du trouble) mais cela peut également signifier notre voix intérieure qui nous maltraite. Elle exprime parfaitement cette idée que lorsqu’on souffre d’un trouble psy on pense qu’il y a un souci avec nous “a flaw in my code”, c’est très souvent qu’on peut se poser cette question (dont la réponse est non pour celleux qui ne savent pas).

NF – My stress


Yeah, some days, I just wanna leave the negativity in my head
I just want relief from my stress
I just want relief from my stress
Some days, I don’t wanna see or
Have a bunch of people to impress
I just want relief from my stress


I’m not in the mood, yeah, to meet another stranger
I’m not in the mood, yeah, to have a conversation
And talk about a bunch of things that I don’t feel amazed with
Gettin’ too close to me, woo, could be dangerous
I don’t like the energy, I leave the situation
All this negativity, yeah, I can’t get away from
All this negativity, I think I need a break from
I’m thankful, but
Some days, I just wanna leave the negativity in my head
I just want relief from my stress


I always find a way to find the bad in good situations
It’s sad, huh?


These stress levels are not healthy

Traduction en cliquant ici

NF a le don pour parler de sujets de santé mentale et c’est tout à son honneur. Ici il parle de stress chronique, d’anxiété. Ce stress qui bouffe et est omniprésent. L’auteur exprime parfois vouloir juste souffler seul, sans avoir à se forcer à rencontrer de nouvelles personnes et parler de choses qui ne l’intéressent pas. Cela a tendance à me faire penser à l’anxiété sociale qui prend une énergie énorme quand on fait de nouvelles rencontres. On sent également un ras le bol de ce quotidien entêtant à cause du boulot et le désir de revenir à des choses plus simples, qui apportent un vrai bonheur et un retour à soi. Il a également une sensation de ne pas être assez reconnaissant “je trouve toujours des choses qui vont mal dans les bonnes situations” comme s’il voyait le verre à moitié vide. Certaines choses l’ont fait grandir, comme réussir dans son travail, mais à présent ça l’épuise mentalement. Il veut juste s’enfuir loin de tout son stress et peu importe les sacrifices à faire car la situation est devenue trop mauvaise pour sa santé.

Bebe Rexha – Crazy


I’m tired of trying to be normal
I’m always over-thinking
I’m driving myself crazy
So what if I’m fucking crazy?


And I don’t need your quick fix
I don’t want your prescriptions
Just ’cause you say I’m crazy
So what if I’m fucking crazy?
Yeah, I’m gonna show you
Loco, maniac, sick bitch, psychopath,
Yeah, I’m gonna show you
I’m gonna show you,
Yeah, I’m gonna show you
Mental out my brain, bad shit go insane,
Yeah, I’m gonna show you


There’s not a single thing that’s wrong with my mind

Traduction en cliquant ici

Cette chanson me rappelle énormément les colères du trouble de la personnalité borderline. Le refrain me rappelle les crises de colère si caractéristiques du trouble où tout part “en sucette” sans aucune retenu.
Il y a aussi une critique des thérapeutes, du moins psychiatres en France, qui ont tendance à dire “prenez ces médicaments et pour le reste débrouillez-vous” lorsqu’on est borderline car ils ne veulent pas nous prendre comme patients. Comme je l’ai déjà dit dans un de mes précédents articles, beaucoup de psychiatres refusent de nous traiter à cause de, sois-disant, notre caractère trop difficile et ils ont peur de se mettre eux-mêmes en échec face à nous ou tout simplement ne veulent pas nous traiter car “trop difficile et trop long”.
Bebe Rexha exprime quelque chose que nous sommes nombreux à ressentir : le fait de trop penser et de toujours vouloir avoir l’air normal histoire de se fondre dans la masse.
Par la suite, elle dit qu’on lui a conseillé de chercher un truc qui manquait chez elle et elle dit qu’elle a cherché mais qu’elle s’est rendu compte que rien ne clochait chez elle. Je trouve que c’est quelque chose à se répéter pour enfin s’accepter car bien souvent on veut nous faire rentrer dans des moules qui ne sont pas faits pour nous et cela n’engendre que souffrances et perte de temps et surtout que ce n’est pas car quelqu’un nous traite de “taré”, “de fou” (qui ne sont rien d’autres que des insultes psychophobes) ou qu’on nous dise que quelque chose ne va pas avec nous que c’est le cas.

Melanie Martinez – Cry Baby


You seem to replace
Your brain with your heart
You take things so hard
And then you fall apart
You try to explain
But before you can start
Those cry baby tears
Come out of the dark


Your heart’s too big for your body
It’s why you won’t fit inside
They’re pouring out
Where everyone can see
They call you cry baby, cry baby
But you don’t fucking care
Cry baby, cry baby
So you laugh through your tears

Traduction en cliquant ici

Cette chanson me rappelle les crises de larme qu’en tant que borderline nous pouvons faire que ce soit par tristesse, par colère, par stress… Melanie dit clairement qu’on remplace notre cerveau par notre coeur et qu’on prend tellement les choses à coeur qu’on s’en effondre (et ce parfois pour “pas grand chose”) et que les larmes arrivent sans crier gare.
Elle explique que notre manque d’adaptation vient du fait que notre coeur est trop gros pour notre corps et que du coup tout (nos émotions) dégouline de partout et tout le monde le voit. Injustement alors on est jugés de pleurnicheu.r.se.s ou de capricieu.x.ses. Cela peut donc aussi parler aux personnes hypersensibles. Mais qu’ils croient ce qu’ils veulent, on s’en fiche !

Papa Roach – Binge

TW addictions


You better put that down
All I need is a bottle
And I don’t need no friends, no
Wallow in my pain
I swallow as I pretend
To act like I’m happy
When I drink till no end, no


When I’m sober life bores me
So I get drunk again, yeah

Traduction en cliquant ici

Une fois de plus ici nous avons une chanson qui traite d’addictions. Ici le chanteur utilise l’alcool comme un exutoire contre son ennui, le vide. Son addiction repousse ses amis car lui-même les repousse vu qu’il estime qu’il n’a besoin que de son alcool pour aller bien. Lors d’addictions on a l’impression de n’avoir besoin de rien d’autre que le fruit de notre addiction mais celle-ci est loin d’être une amie et nous enfonce encore plus tous les jours.

Fin TW

Linkin Park – One Step Closer


Everything you say to me
Takes me one step closer to the edge
And I’m about to break
I need a little room to breathe
‘Cause I’m one step closer to the edge
And I’m about to break
I find the answers aren’t so clear
Wish I could find a way to disappear
All these thoughts they make no sense


Shut up when I’m talking to you
Shut up, shut up, shut up
Shut up when I’m talking to you
Shut up, shut up, shut up
Shut up, I’m about to break!

Traduction en cliquant ici

Ici j’ai l’impression qu’on a à faire à une personne qui a une faible estime de soi et qui se voit rabaisser par chaque mot qu’on lui prononce. Elle veut ignorer ce qu’on lui dit en espérant que cela l’aidera. Elle veut juste qu’on l’écoute elle, ce qu’elle a à dire mais surtout qu’on écoute sa souffrance.

Skillet – Monster


The secret side of me, I never let you see
I keep it caged but I can’t control it
So stay away from me, the beast is ugly
I feel the rage and I just can’t hold it


I keep it caged but I can’t control it
‘Cause if I let him out he’ll tear me up, break me down

Traduction en cliquant ici

Une fois de plus ici on parle de la colère du trouble borderline. C’est une colère qui bien souvent est cachée mais qu’on a du mal à contrôler. Parfois elle est là mais on la contient mais elle continue de croître jusqu’à ce qu’elle explose pour quelque chose de parfois minime mais elle peut faire de gros dégâts. Et c’est justement après coup qu’on se sent comme un monstre, car on a pas pu la contrôler et qu’elle vient avec des conséquences parfois.

Bien sûr, toutes ces chansons et interprétations viennent de moi-même et peut-être suis-je passée à côté de ce que les auteur.e.s voulaient exprimer mais je pense que c’est aussi toute la subtilité de l’art : on l’interprète chacun à sa façon selon nos goûts, notre sensibilité et notre vécu. J’espère que les musiques vous ont plu autant qu’à moi et je serais ravie de découvrir vos musiques à vous !

Alors, quelles musiques vous parlent ?

Emilie ou Emy, je suis une communicante bilingue passionnée par tout ce qui touche au créatif. Dessiner, peindre, écrire, photographier... c'est mon truc ! Ayant le trouble borderline ainsi que des troubles anxieux et m'intéressant à la psychophobie liée à ces troubles, je me suis mise à ouvrir les yeux concernant les diverses discriminations présentes et qui me touchaient directement : le sexisme et la grossophobie. A partir de là, je me suis rendue compte que d'autres oppressions systémiques avaient lieu et cela me semblant injuste, j'ai décidé de créer ce webzine afin de dire merde à toutes les idées reçues et surtout d'inciter à la réflexion. J'aspire à la bienveillance même si moi-même j'ai parfois tendance à m'échauffer face à certaines injustices. C'est cette ouverture d'esprit, cette bienveillance et cette acceptation de la différence que je souhaite mettre en avant.

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